![]() |
Vous êtes ici : Accueil >
Fondements de la société québécoise >
Le rapprochement interculturel >
Assises d'une approche favorisant le rapprochement interculturel
|
||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Assises d'une approche favorisant le rapprochement interculturelImmigration et intégrationDepuis la fin des années 1960, un consensus s’est lentement établi en ce qui concerne l’accueil et l’intégration des personnes immigrantes.
Trois approchesTrois modèles guident successivement les interventions du Ministère dans ces domaines depuis l’adoption, en 1990, de l’Énoncé de politique en matière d’immigration et d’intégration, Au Québec pour bâtir ensemble :
1. Le modèle intercommunautaireCe modèle a cours dans les premières années suivant l’adoption de l’Énoncé en 1990. Tout en affirmant les nouvelles orientations en matière d’intégration économique et linguistique, le gouvernement de l’époque s’engage, dans sa stratégie d’éducation et de sensibilisation à la diversité, à mettre en œuvre des mesures qui visent à valoriser les « cultures d’apport » à la société québécoise. Axée autour de l’intégration des nouveaux arrivants, cette conception, qu’on qualifierait de « culturaliste », poursuit trois objectifs :
Cette approche mise d’abord et avant tout sur le rapprochement entre les communautés plutôt qu’entre les personnes, dans ce qu’elles ont de distinctes et de spécifiques culturellement. Les activités financées évoluaient vers un programme de rapprochement interculturel tel que préconisé aujourd’hui, c’est-à-dire axé sur le projet à réaliser ensemble, et ce, dans la poursuite d’objectifs communs, au-delà des différences, et dans le respect de chacun. 2. Le modèle civiqueEn créant le ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration (MRCI), en 1996, le gouvernement marque sa volonté de rompre avec le modèle intercommunautaire. Il met l’accent sur ce qui unit et rassemble les Québécoises et Québécois plutôt que sur ce qui les particularise. Le modèle civique délaisse donc l’approche de catégorisation des citoyens en fonction de leur origine ethnoculturelle ou de leur parcours migratoire en choisissant un modèle axé sur les responsabilités civiques et sur l’engagement moral de participer au développement du Québec; cela, quel que soit le statut de citoyen. Au centre de cet engagement repose la responsabilité de vivre et d’agir selon les valeurs et les principes sous-jacents aux droits et libertés inscrits dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Au nombre des autres valeurs et principes, on peut souligner notamment l’acceptation de la primauté du droit, la tolérance envers les opinions dissidentes, le respect des droits des minorités et le rejet de la force et de la violence comme moyens de promouvoir des idées. Le modèle civique vise en outre à combler les déficits de participation civique, politique, sociale et culturelle par une éducation civique. Il favorise l’adhésion la plus large possible à une « citoyenneté québécoise ». Une telle conception comporte néanmoins une exigence particulière, soit celle d’avoir à circonscrire l’espace de respect pour la diversité. Or, cet espace est plutôt restreint. Le modèle civique nie les différences sur la base de l’origine ethnoculturelle. Il a du mal à prendre en compte des phénomènes de repli communautaire et d’isolement social et culturel ainsi que des difficultés en emploi que vivent des personnes des minorités visibles, notamment les femmes et les jeunes. 3. Le modèle interculturelCe modèle préconisé par le présent gouvernement vise justement à mettre en valeur le vaste potentiel – non seulement culturel, mais économique et social – que représentent les femmes, les hommes, les jeunes et les familles accueillis par le Québec. Pour ce faire, il établit des ponts entre le gouvernement et les communautés culturelles, pour que toutes et tous contribuent pleinement au développement de la société québécoise. S’inscrivant en continuité avec l’Énoncé de politique de 1990, le modèle interculturel formalise la nécessaire rencontre entre le projet individuel d’intégration de l’immigrant ou de la personne issue d’une communauté culturelle et un projet collectif d’une société qui souhaite accueillir des personnes pouvant contribuer à sa croissance démographique, à son développement économique, à la pérennité du fait français ainsi qu’à son ouverture sur le monde. Il interpelle et responsabilise alors tous les acteurs de cette rencontre – la personne immigrante, bien sûr, mais également l’employeur, l’élu, l’intervenant communautaire, l’enseignant, l’éducateur en milieu de garde, l’entraîneur sportif et le simple citoyen – comme une condition de réussite. Il prend ancrage dans le vécu quotidien des personnes en processus d’intégration de manière à mieux faire face aux difficultés particulières de certaines populations spécifiques. Trois objectifs sont poursuivis :
Le rapprochement interculturelLe rapprochement interculturel est conçu de ce point de vue comme un enjeu fondamental dans le processus conduisant à la pleine participation des personnes issues des communautés culturelles. Il interpelle à la fois ces dernières et les différents acteurs du milieu de vie. Tout en étant un objectif et un enjeu de la politique d’intégration québécoise, le rapprochement interculturel est également un outil de changement, un mécanisme de transformation sociale. Il vise, d’une part, à habiliter les personnes issues des communautés culturelles à devenir des acteurs à part entière de la société québécoise et à influencer les enjeux qui les concernent, à partir de leurs besoins et de leurs aspirations. Elles pourront ainsi participer pleinement à la vie économique, sociale, communautaire, politique, culturelle et sportive de la société québécoise sans égard à l’origine ethnique ou nationale, à la race, à la couleur, à la religion, à la langue, au sexe ou à l’orientation sexuelle. Le rapprochement interculturel vise, d’autre part, à sensibiliser la population québécoise à l’apport de ces personnes au développement du Québec. Il convient de surmonter les obstacles au dialogue et à la communication interculturelles, d’abolir les distances culturelles, de faire tomber les préjugés et les stéréotypes ainsi que de faire échec à la discrimination et au racisme. Ultimement, le rapprochement interculturel vise à bâtir une société inclusive, plurielle et ouverte sur le monde. Dans sa forme concrète, le rapprochement interculturel s’incarne dans des activités ou des projets communs qui font œuvre de connaissance et de démystification. De nature civique, éducative, sportive, culturelle, familiale ou communautaire, les projets de rapprochement interculturel promeuvent les valeurs d’égalité, de solidarité et de dignité. |
|
||||||||||||||||||||||||||||||