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Qu'est-ce que le racisme et la discrimination?

Le racisme classique et le racisme culturel

Le racisme prend plusieurs formes qui vont de remarques offensantes et d’injures à l’agression physique, en passant par le harcèlement. Rejetée par les scientifiques depuis plusieurs décennies, l’idée de « race1 » est la pierre d’assise du racisme classique. Ce type de racisme tente de justifier les inégalités sociales sur la base de différences biologiques présumées. C’est ce racisme, fondé sur des théories pseudoscientifiques, qui a servi d’excuse, pendant des siècles, pour justifier la domination exercée sur des populations entières, notamment envers les Noirs et les Autochtones.

Cette idéologie a été rejetée par les États démocratiques modernes. Or, elle continue d’être revendiquée par certains groupes tels que les néonazis et les suprémacistes. Elle alimente donc encore certains préjugés et la discrimination envers les personnes de minorités racisées2 dans les sociétés contemporaines. Les préjugés sont des opinions préconçues basées sur des stéréotypes. Ce sont des jugements, habituellement défavorables, portés par une personne à l’endroit d’une autre personne qu’elle ne connaît pas, en lui attribuant les caractéristiques attachées au groupe auquel elle appartient.

Bien que le racisme classique soit moins présent aujourd’hui, il a été remplacé, dans certaines situations, par le racisme culturel, ou néoracisme. Cette nouvelle forme de racisme fait référence au processus de « racisation » que vivent certaines populations en raison de différences culturelles. Ces dernières se présentent parfois comme étant inchangeables et déterminantes des comportements individuels, donc quasi biologiques. Le racisme culturel considère que certaines différences culturelles sont indépassables et empêchent toute forme d’intégration dans la société de personnes d’une origine ethnoculturelle différente.

Le racisme culturel prend souvent des formes plus subtiles que le racisme classique, ce qui exige l’adoption de nouvelles stratégies pour le reconnaître et le combattre. Une fois reconnu, il doit être combattu avec autant de fermeté que pour le racisme classique puisqu’il maintient tout autant les inégalités et les injustices sociales en tentant de justifier l’exclusion et la marginalisation de populations sur la base de leurs différences culturelles.

La discrimination

La discrimination est une distinction, exclusion ou préférence fondée sur les motifs interdits par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne qui a pour effet de détruire ou compromettre l’exercice des droits et libertés. Ces motifs sont : la « race », la couleur, le sexe, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap. En juin 2016, le gouvernement du Québec a ajouté l’identité de genre et l’expression de genre à cette liste afin de protéger les droits des personnes transsexuelles et transgenres.

La discrimination peut se manifester autant par l’exclusion que par le harcèlement ou un traitement défavorable.

Le harcèlement est une forme particulière de discrimination. Il peut se manifester, à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes, notamment par des paroles, des actes ou des gestes répétés, à caractère vexatoire ou méprisant. Un seul acte grave engendrant un effet nocif continu peut aussi constituer du harcèlement.

La discrimination directe se présente lorsque la distinction, l’exclusion ou la préférence se fonde clairement sur l’un des motifs interdits par la Charte québécoise. Ainsi, un employeur qui refuse d’embaucher un Noir du seul fait qu’il est Noir fait de la discrimination directe.

On parle de discrimination systémique lorsque diverses pratiques, décisions ou comportements se combinent à d’autres pratiques au sein d’un organisme ou à celles d’autres institutions sociales pour produire de la discrimination. Les pratiques de discrimination sont alors des maillons de chaînes parfois longues et complexes, où les pratiques discriminatoires se renforcent mutuellement. La responsabilité n’est pas attribuable à un élément particulier.

Comme une personne ne se définit pas sur un seul axe identitaire (par exemple, son origine ethnique ou nationale, son sexe, sa religion ou son orientation sexuelle), il arrive qu’une personne puisse vivre simultanément différents types de discrimination. Lorsque plusieurs motifs de discrimination sont combinés, on parle alors de discrimination croisée. Prenons en exemple une femme noire ou autochtone. Celle-ci peut subir de la discrimination sur la base de son sexe et sur la base de son origine ethnique. La reconnaissance de ce phénomène, amplement documenté, peut nécessiter d’adapter les interventions publiques afin de s’assurer de leur pertinence et de favoriser l’égalité réelle pour toutes et tous.

La discrimination directe, la discrimination systémique et la discrimination croisée peuvent également se combiner et renforcer l’exclusion économique ou sociale.

La discrimination et les inégalités socioéconomiques

La discrimination et les inégalités socioéconomiques se renforcent mutuellement et peuvent faire obstacle à la pleine participation, en français, des Québécoises et Québécois de toutes origines à la vie collective.

Ainsi, sur le marché du travail, certains préjugés envers les personnes immigrantes et les personnes de minorités racisées limitent leur embauche et diminuent leur chance d’améliorer leur situation économique. À long terme, lorsque le taux de chômage vécu par ces personnes est élevé, les préjugés et les craintes des employeurs à leur égard s’accentuent. Au final, les préjugés favorisent la discrimination qui, elle, renforce à son tour les préjugés.

Les programmes d’accès à l’égalité visent à briser cette chaîne en augmentant la présence de groupes victimes de discrimination (femmes, Autochtones, minorités racisées, minorités ethniques et personnes handicapées) parmi le personnel des organismes publics et gouvernementaux ainsi que de certaines entreprises privées.

Conséquences

Le racisme et la discrimination tendent à diminuer les chances des personnes qui en sont victimes d’avoir un travail à la hauteur de leurs compétences et les mêmes possibilités de promotion. Lorsqu’elles ne réussissent pas à surmonter les obstacles professionnels auxquels elles sont confrontées et à s’intégrer de façon durable sur le marché du travail, leur niveau de vie est affecté. Elles ont donc un accès moindre aux services publics et privés comme le logement, l’éducation et les loisirs.

Selon l’Organisation mondiale de la santé3, le racisme a un impact négatif sur la santé mentale, car il crée de la détresse psychologique. En outre, les personnes qui se sentent rejetées par la société en raison des préjugés dont elles font l’objet risquent d’avoir un faible sentiment d’appartenance à cette société qui est pourtant la leur.

Le racisme et la discrimination ont aussi un impact négatif sur la société qui les tolère. Les institutions, les entreprises et la société en général se privent du potentiel, des talents et des ressources des personnes qui sont exclues en raison des préjugés.

Ainsi, depuis la Conférence mondiale de Durban de 2001, la nécessité de lutter contre le racisme et la discrimination a été reconnue par la majorité des États. Des municipalités québécoises, notamment la Ville de Montréal, reconnaissent aussi les conséquences néfastes du racisme et de la discrimination dans leur environnement et se sont unies au sein de la Coalition canadienne des municipalités contre le racisme et la discrimination pour rendre leur environnement plus respectueux, inclusif et sûr pour l’ensemble des citoyennes et citoyens.

Dans les sociétés et les économies modernes axées sur le savoir, les ressources humaines sont plus que jamais un facteur stratégique de développement. Le dynamisme de l’économie et de la société dépend de la capacité des entreprises et des institutions à utiliser les compétences variées de tous les citoyens et citoyennes, y compris les connaissances et les compétences associées à la diversité ethnoculturelle.

 

 

 

1 L’usage de cette expression ne signifie pas pour autant que le gouvernement du Québec appuie la croyance en l’existence de races humaines et qu'il adhère à cette vision racialisante de l’humanité. Cette expression est néanmoins utilisée dans le présent texte, car elle apparaît dans nombre de textes législatifs, nationaux et internationaux. De plus, elle est bien comprise du grand public.

2 La notion de « racisation » est de plus en plus utilisée par les sociologues afin de souligner le caractère socialement construit de la « race ». Le qualificatif « racisé » sert à désigner les minorités autrement dites « visibles ».

3 Organisation mondiale de la santé, (2001), Rapport sur la santé dans le monde, La santé mentale : nouvelle conception, nouveaux espoirs, Genève

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Dernière révision : 2017-03-17
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